Croyances et objets magiques dans la culture Guadeloupéenne

A côté du christianisme, la culture de la Guadeloupe est aussi marquée par des croyances d’origines africaines. Il n’est pas étonnant de rencontrer des guadeloupéens craindre les esprits des morts, éviter les poules noires attachées par les pattes et d’autres croyances relatives à des objets magiques. Voici quelques-unes de ces croyances qui font partie intégrante de la culture guadeloupéenne.

Les sorciers et les talismans dans la culture Guadeloupéenne

Certains Guadeloupéens croient aux pouvoirs des sorciers. Les sorciers, appelés en Guadeloupe quimbois ou gadèzafé sont consultés par des Guadeloupéens de toutes origines et de toutes les classes, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, simples civils ou politiciens. La plupart des quimbois sont d’origine africaine ou haïtienne et les consultations se passent souvent à Pointe-à-Pitre. Les quimbois donnent des conseils, fournissent les moyens pour s’enrichir, donnent des philtres d’amour, jettent des mauvais sorts, combattent les mauvais esprits, etc. Leur pouvoir est cependant sujet à controverse et ceux qui font appel à eux peuvent être ruinés, les quimbois étant toujours payés avant le résultat.

Les talismans sont indissociables du pouvoir des quimbois, à la puissance des esprits et à la magie des objets. Les talismans sont bénis par les sorciers, les prêtres ou les voyants et ont à cet effet leur pouvoir magique. Ils occupent une grande place dans la culture de la Guadeloupe. Ainsi, n’est-il pas rare d’entendre un Guadeloupéen dire « ayen pé ké rivé mwen, kar an tini on protègement », ce qui veut dire littéralement « rien ne m’arrivera car je porte une protection ». Les talismans renferment la plupart du temps une prière et leurs propriétaires les attachent dans leurs sous-vêtements grâce à des épingles. Quant aux voitures, le gadèzafé les bénit pour les protéger des accidents.

Les autres croyances dans la culture de la Guadeloupe

Une tradition considère l’eau comme étant dotée d’un pouvoir purificateur. Pour chasser les mauvaises influences de l’année précédente, un « bain-démarré » est pratiqué chaque nouvelle année à l’embouchure d’une rivière ou dans la mer. Une queue de morue frottée sur le corps chasse ensuite les mauvais esprits. Le rituel se termine par un bain de feuillages apportant la prospérité. Les mythes influencent également la culture guadeloupéenne. Ainsi, les « zombis » sont très craints, surtout en milieu rural. Ce sont des esprits prenant l’apparence d’un homme ayant un arbre à la place de la tête et n’ayant pas de bras. Dans les cases, un coin rempli de sable est prévu pour les éloigner, les zombis devant compter les grains de sable pour pouvoir entrer.

Il y a aussi ce que les guadeloupéens nomment le « dorliis » ou l’homme au bâton. Le dorliis est un esprit maléfique qui hante les foyers pour abuser des femmes pendant leur sommeil. Pour se protéger du dorliis, il faut citer la prière de Saint Athanase et de Saint Marcoul. D’autres mauvais esprits errent aussi la nuit pour guetter les hommes. Ce sont les diablesses jouant du tambour tout en conduisant une charrette à vive allure afin de séduire les hommes et les torturer ensuite. Certains animaux ont par ailleurs une grande importance dans les traditions, comme le crapaud cadenassé, les poules noires avec les pattes attachées, le « crab sosié », les papillons, les araignées, les chèvres, les libellules…

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